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Tableaux en attente d'écrits UERA

jeudi 24 avril 2014

Eperdu paradis

Délaissant les paradis perdus
Nous voici à jamais dans la bulle
De ces plages
D'un ciel rond
Qui confond
Soleil bleu et mer
Personnages

Ici pas d'âge
Et pas d'hiver
On conjugue au présent en musique
Un conciliabule
Ayant pour témoin unique
Le voyage
Du pinceau d'harmonie

Paradis éperdu
Au fond de l'infini

Par Monique Clavaud.
Texte écrit à l'occasion de l'exposition Plumes et pinceaux - 1 (2011) sur un tableau de Marc Wallerand : Les deux plages.

Marc WALLERAND - Les 2 plages.20 F 2000 Huile Style Rondisme

jeudi 10 avril 2014

Nuit de la Saint-Jean 1831

En cette nuit de la Saint-Jean 1831, tout Lyon a revêtu ses habits de lumière, et particulièrement dans le quartier des pentes, où les Chartreux, Carmélites et autres sœurs de l'Annonciade, ont abondamment encouragé les manifestations festives autour des places, histoire de raffermir un peu la foi des habitants peu enclins à la ferveur religieuse... Au loin, le couchant se fonde avec les couleurs des feux allumés ici ou là dans chaque quartier. Une ville embrasée où les rondes endiablées réjouissent les enfants et le cœur des Croix-roussiens.
Du haut de la Montée des Carmélites, la vue est exceptionnelle sur la ville et l'on aperçoit au loin une immense torche, sans doute sur les berges du Rhône, flambeau dédié à ce couchant digne des Monts de la Sainte Baume couronnant les champs de lavande.
Déjà la lueur des réverbères caresse les façades, alternant avec les ombres des cours, ruelles, cascadant au fil des pentes. Dans ce dédale inextricable de murs, immeubles et silhouettes étirées des cheminées, les bottillons des femmes claquent sur les escaliers et les enfants on beau jeu de se faufiler à leur guise dans quelque repère ou traboule.
Vue des collines, la nuit, Lyon se serre les coudes. Voisins, voisines ont créé ce labyrinthe hostile à l'étranger, malgré la chaleur supposée de ces logements où les lampes à pétrole teintent ces petites fenêtres typiques sans volet, d'une lueur jaune orangée, trouant les façades et repoussant dans les arrière-cours la misère et l'infortune.
Pour les canuts ce soir, point de Saint-Jean, mais des yeux rivés sur les métiers à tisser, des yeux et des hommes usés, fatiguées, épuisés. La rumeur sourde cette nuit à Lyon. Le bruit de la révolte enfle et la rage fait claquer les métiers à tisser plus fort, obscurcissant d'un voile la beauté du crépuscule et des feux moribonds. Bientôt la nuit se fait plus noire, et ne résonnent plus que les claquements des métiers, couvrant les murmures qui se répandent.
Lyon pourrait bien s'embraser d'un autre feu, pour "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant"".

Par Aïcha Chérif.
Texte écrit à l'occasion de l'exposition Plumes et pinceaux - 2 (2012) sur une huile de Macha Belsky.
Site de Macha Belsky.
Sur ce même tableau, lire aussi un texte de Monique Clavaud : La ville rêve qu'elle dévale.

jeudi 3 avril 2014

Villeurbanne, refuge des poètes de l’amour



Au XVIe siècle, les éditeurs étaient légions en lyonnais et surveillés comme lait sur le feu au regard de la moralité des œuvres publiées par leurs soins. Or nombre de poètes libertins s’étaient distingués alors et comme Lyon était ville pieuse sous les auspices d’Ainay et de l’Ile Barbe, on avait exilé les « asmuseurs de bons mots et d’esprit » hors la cité et ainsi les aèdes et autres « bajasfleurs » (sic) de poésie s’étaient regroupés en Villeurbanne, ville , oh combien plus accueillante !
Or en 1588 la fille unique de Mr Mandelot, Gouverneur de Lyon , voulut convoler en justes noces avec le sieur Charles de Neufville d’Alincourt, fils de Nicolas de Villeroy, Secrétaire d’État, et nul n’était fichu de trouver un mirliton quelconque pour composer l’épithalame de circonstance.
On envoya donc le secrétaire particulier de Mr Mandelot, un dénommé Robert Destroit en la lointaine cité villeurbannaise mander un poète pour l’occasion.
C’est un dénommé Jean Passerat qui fit office, mais qui, par solidarité avec ses camarades interdits de séjour en Lyon, n’accepta point de prononcer son compliment aux heureux époux de l’autre côté du Rhône et obligea toute la noce, familles, invités et gens de maison à se rendre en l’actuelle place Grand Clément ouïr l’œuvre impérissable. Les éditeurs se joignirent à la fête qui fut dit-on, du meilleur goût. Villeurbanne, Cythère des amours « lyonnoises » ! 

Par Jacques Bruyas.
Chronique villeurbannaise, écrite pour Le progrès en 2010.

Et en ce 12 et 13 avril 2014, Villeurbanne fête la jeunesse sur le thème Soyons fous !
"Si vous êtes fous comme un chapelier ou fêlés au point de laisser passer la lumière..." 
Leur site : http://www.fetedulivre.villeurbanne.fr/edito_2014.html 
Leur page facebook : https://www.facebook.com/fetedulivrejeunesse

samedi 22 mars 2014

Déplacements dans Lyon - 3



Terminons avec les transports actuels.
[...]
Deux rocades se déblayent lentement : celle du boulevard Vivier-Merle dont la percée pour la voie parallèle Nord-Sud longeant la gare de la Part-Dieu se dégage à partir de l’avenue Thiers et celle de la rue Garibaldi. L’axe Nord-Sud, ouvert en 1962 sur toute la rive droite du Rhône, a certes supprimé arbres et jeux de « boule lyonnaise », mais a beaucoup amélioré le trafic intra-urbain. Après 1982, quand on eut mis en place un large pont de la Boucle devenu peu auparavant pont Winston Churchill, on a pu greffer sur lui une Montée de la Boucle à gros trafic, en place du « raidillon » séparant Lyon de Caluire (qui discutèrent des années) et la relier au Boulevard des Canuts qui rejoint celui de la Croix Rousse le long du métro.


Ce métro est inauguré le 28 avril 1978 (après un projet avorté au XIXè siècle, repris souvent depuis 1931) après la fermeture de la gare de La Croix-Rousse d’où partait « la galoche » vers Sathonay-Rillieux, correspondance avec les « ficelles ». Utilisant la galerie d’une de ces deux « ficelles », l’autre étant dédiée aux voitures, celle de Saint-Just perdurant, après des travaux colossaux coordonnés par René Waldmann directeur de la Semaly, à Saint-Jean, sous la Saône, dans la Presqu’île et en dehors d’elle, puisqu’il franchit le Rhône et le Boulevard de Ceinture dans un boyau aérien, son réseau reste encore bien trop faible avec trois lignes seulement, quoique prolongées en 2007 jusqu’à La Soie à Vaulx-en-Velin et à l’horizon 2013, en passant sous le Rhône, jusqu’à Oullins après que deux étapes aient permis d’atteindre Gerland. Néanmoins, en 2008, ce mode de transport en commun véhicule 700 000 voyageurs par jour, les rames des lignes A, B et D parcourant quotidiennement 20 000 kilomètres !


Malgré la préférence pour ce métro des Lyonnais intra muros, on voit depuis 2001 et 2002 le retour de deux premières lignes de tram, cinq fois moins onéreux au kilomètre, pour lutter contre la pollution automobile par CO2 ou NO2 succédant au brouillard plus visible du temps de Myrelingues la Brumeuse et de Ciel de Suie ou de Sidoine Apollinaire ! En 2004, le tram a même été prolongé jusqu’à Saint-Priest et en 2005, jusqu’à Confluences avec fin 2007 trois lignes : T1 Montrochet – IUT Feyssine, T2 Perrache – Saint-Priest-Bel Air, T3 (Lea) Part-Dieu – Meyzieu sur la voie de l’ancien « train de l’Est ».


Notons qu’entre 1960 et 1977, les bus articulés de la ligne 7 furent les seuls de ce type en France. Le SYTRAL, société gérée par le Grand Lyon et le Conseil Général mais utilisant comme prestataire les TCL devenus Kéolis, coordonne actuellement tous les déplacements dans le Grand Lyon mais se fait sentir chaque jour la nécessité d’une coordination par la Région puisque l’agglomération déborde même sur les départements voisins - celui de l’Isère, comme l’illustre l’ouverture de Léa en 2006 depuis le Bas-Dauphiné via Saint-Exupéry bientôt, ou celui de l’Ain. On envisage toutefois de prolonger le métro, en passant sous le Rhône, de Gerland à Oullins, après 2010.


Tous ces efforts envers les transports en commun visent à désengorger l’hyper- centre (comme l’on dit) de la circulation automobile qui pollue et génère des bouchons bien éloignés de la gastronomie. A l’orée du troisième millénaire, ils sont complétés par la mise en location très temporaire de vélos : cette expérience, grenobloise au départ, est maintenant renouvelée à Paris avec le même succès. Petit « hic », la grande platitude de la capitale des Alpes ne se retrouve pas dans notre ville de collines et souvent, les vélos rouges de Vélo’v enfourchés à la Croix-Rousse ou à Fourvière doivent être remontés sur les plateaux par des camionnettes ! L’Histoire nous ressert les plats de la dernière guerre mais les vélos ne sont pas des bicyclettes « réchauffées » et le goudron est plus douillet que les pavés ou « têtes de chat » de jadis aux derrières délicats ! Reste à discipliner un peu les fervents de la « petite reine » qui ont augmenté de 80% en deux ans dont un quart sur les vélos rouges et à limiter les dégradations de 50 engins par jour. Complément de Vélov’, Autolib’ est apparu en 2003 et cette initiative contribue également  à désengorger la périphérie de la ville aux heures de pointe.

Par Pierre Coeur.