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mercredi 13 février 2013

Invitation à la promenade dans l’Histoire de Lyon

Marguerite Yourcenar prétend que « Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine » et elle dit ailleurs « Le coup d’œil sur l’histoire, le recul sur une période passée, ou comme aurait dit Racine vers un pays éloigné, vous donne des perspectives sur votre époque, vous permet d’y penser davantage, de voir les problèmes qui sont les mêmes et ceux qui diffèrent et d’en voir les solutions ». Pour Michelet, « L’Histoire est la meilleure façon d’apprendre le présent ». On imagine même aujourd’hui de transformer Mars en planète vivable - en 100 à 1 000 ans - en copiant ce qui s’est déroulé sur notre Terre il ya des milliards d’années quand la vie y est apparue ! Jules Verne était bien pris pour un utopiste en son temps. 
En brossant à grands traits l’histoire de Lyon dans Mémento de l’Histoire de Lyon paru aux Traboules en 2005, j’avais pris délibérément le parti de la concision pour ramasser 2 000 ans en quelque 200 pages. J’ai parfois été frustré car certains sujets (Jacques Cœur, le Rhône) ou certains quartiers de la ville (Fourvière, la pointe de la Presqu’île) auraient mérité un développement plus long ou car certains thèmes transversaux (l’eau, la dérive du confluent, les fortifications, les canuts) étaient noyés dans la chronologie. Le bicentenaire des Hospices Civils de Lyon, en 2002, m’avait amené aussi à écrire l’histoire des deux établissements où s’est déroulé l’essentiel de ma carrière et qui est très liée à leur voisinage, voire à l’histoire du Grand Lyon. 
Ces « promenades » à travers l’histoire de Lyon m’ont délivré de cette frustration mais comme tout promeneur, j’ai pu mettre mes pas une seconde fois sur le tracé d’une excursion antérieure. Le lecteur voudra bien excuser ces redites rendues nécessaires pour l’unité du sujet traité dans chaque « promenade ». Mais pour commencer, il m’est apparu nécessaire de décrire le cadre changeant de ces divagations qui parfois débordent sur la région lyonnaise comme a divagué le fleuve qui lui sert d’épine dorsale. 
Je me suis cantonné à l’Histoire officielle, selon un dogme établi par les Romains, mais à la Préhistoire, l’homme était déjà là puisque l’on a retrouvé des traces de sa présence de quatre mille ans plus anciennes, donc il y a six mille ans, au pied de la Duchère. Des restes d’habitat néolithique ont été retrouvés à Vancia en traçant la Rocade Est. Les fouilles du périphérique nord ont apporté des preuves de la culture croissante du millet commun ou de la fève peut-être dès le Campaniforme tandis que l’épeautre (blé sauvage) est apparu seulement au Bronze final cultivé par des hommes qui stockaient des glands de chêne grillés pour les sécher, éviter qu’ils ne germent ou réduire la toxicité de leurs tanins car ils s’en alimentaient probablement. A Saint-Priest, c’est un dépôt d’armes, de parures et d’outils datés des XIè-Xè siècles qui a été mis à jour comme d’autres plus jeunes à Vénissieux (VIè siècle avant J.C.) ou à Gorge-de-Loup (Vè siècle avant notre ère). Des objets étrusques du VIIIè siècle avant J.C. découverts au confluent ou une amphore à vin de même provenance datée de 530 avant J.C. témoignent même d’un commerce ou au moins d’échanges avec les peuples italiques. Des Romains installés à Vienne, avant que ne naisse Lugdunum, avaient compris que le cours plus paisible de la Saône, l’Arar des Séquanes qui disputaient le contrôle de sa navigation aux Eduens fondant le port de Chalon dès le IIIè siècle avant J.C., offrirait un havre plus quiet à leurs bateaux juste en amont du confluent de l’époque.  A l’âge du Bronze qui s’étend de 2300 à 800 avant Jésus-Christ, on parle d’ailleurs de civilisation « du Rhône » dont l’étude débute en 1875-76 avec Ernest Chantre. Les historiens romains notent toutefois que les Cimbres, renforcés par des Teutons défont le consul Silanus tout près de Lyon en -109, sont à nouveau victorieux à Orange en -105, avant d’être définitivement vaincus par les légions romaines de Marius en -102 près d’Aix-en-Provence.
Pour se promener dans la Préhistoire, il faut en effet un équipement plus lourd : les efforts conjoints de nombreuses disciplines - allant de l’archéologie préventive à l’utilisation de radioéléments - permettront, je le souhaite, à nos successeurs de s’y rendre aussi aisément que sur la Lune et de décrire plus sérieusement que Cyrano de Bergerac dans l’Histoire comique des Etats et Empires de la Lune les premiers pas de l’Homme sur notre belle Myrelingues !

Par Pierre Coeur.
Avant-propos de Promenades dans l'Histoire de Lyon, Alter-éditions (éditions numériques).

1 commentaire:

  1. Une belle promenade dans l'antiquité de notre ville magnifique. Un documentaire passionnant !

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